par Susanna Twidale
Le Royaume-Uni doit investir 11 milliards de livres sterling (12,7 milliards d'euros) par an pour rendre ses logements et ses bâtiments publics plus résistants aux risques toujours plus grands de sécheresse, d'inondations et de vagues de chaleur extrême, selon un rapport quinquennal publié mercredi.
Rédigé par des conseillers indépendants en matière de changement climatique et intitulé " Well-Adapted UK", le rapport dépeint un avenir sombre où, entre autres, davantage de personnes âgées sont susceptibles de mourir sous l'effet de la chaleur.
De leur côté, toujours selon ce scénario, les logements seraient exposés de manière accrue aux inondations alors même que l'eau risque de moins couler dans les robinets du fait de la sécheresse.
Dans un scénario où les températures mondiales augmenteraient de 2°C d'ici 2050, et en l'absence de mesures pour préserver l'eau, des étés plus secs pourraient entraîner des pénuries de plus de cinq milliards de litres par jour, selon le rapport des conseillers du Comité sur le changement climatique (CCC).
"Nous sommes confrontés à un monde potentiel où (...) en 2050, vous pourriez ouvrir le robinet et rien n'en sortirait", a déclaré Julia King, présidente du CCC, lors d'une conférence de presse.
Parmi ses recommandations, le CCC exhorte le secteur de l'eau britannique à renforcer sa résilience face à la sécheresse, en réparant les fuites et en construisant davantage de réservoirs.
Il préconise l'installation de systèmes de refroidissement dans les écoles, les hôpitaux et les prisons, ainsi que la rénovation des logements avec des mesures d'adaptation visant à réduire les risques d'inondation et de surchauffe.
La Grande-Bretagne consacre actuellement environ un à deux milliards de livres sterling par an spécifiquement à la résilience climatique.
Le CCC a exhorté le gouvernement à traiter le changement climatique avec la même urgence que les menaces géopolitiques, en fixant des objectifs clairs, des plans d'action et des ressources suffisantes.
Ces dernières années, des pays du monde entier ont connu des vagues de chaleur record, 2024 étant l'année la plus chaude jamais enregistrée et l'année dernière figurant parmi les trois plus chaudes de l'histoire de la planète.
Le rapport souligne que les vagues de chaleur dans le sud de l'Angleterre pourraient à l'avenir dépasser régulièrement les 40 degrés Celsius, ce qui poserait des risques pour la santé des personnes âgées, vulnérables dans leur propre logement.
Sans mesures d'adaptation au changement climatique, le nombre annuel de décès liés à la chaleur pourrait atteindre les 10.000, soit plus de trois fois le niveau actuel, selon le rapport.
La température la plus élevée jamais enregistrée en Grande-Bretagne a été de 40,3°C, lors de l'été 2022.
D'ici 2050, avec un réchauffement climatique de 2°C, le nombre de propriétés exposées au risque d'inondation pourrait augmenter de près de 40% et le niveau de la mer devrait également monter.
La Grande-Bretagne devrait investir jusqu'à 2,2 milliards de livres sterling par an pour lutter contre les risques d'inondation, poursuit le rapport, tandis que de nouvelles habitations ne devraient pas être construites dans des zones exposées aux inondations ou à l'érosion côtière.
Le coût total de l'inaction en matière de préparation à un climat plus chaud serait bien plus élevé que les investissements préconisés, avec un facture pouvant atteindre 260 milliards de livres par an d'ici 2050 dans le scénario d'un réchauffement climatique de 2°C, note le rapport du CCC.
(Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Blandine Hénault)

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